<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet type='text/xsl' href='http://clochelune.spaces.live.com/mmm2008-05-17_13.22/rsspretty.aspx?rssquery=en-US;http%3a%2f%2fclochelune.spaces.live.com%2fcategory%2fautour%2bdes%2bcontes%2ffeed.rss' version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/" xmlns:msn="http://schemas.microsoft.com/msn/spaces/2005/rss" xmlns:live="http://schemas.microsoft.com/live/spaces/2006/rss" xmlns:dcterms="http://purl.org/dc/terms/" xmlns:cf="http://www.microsoft.com/schemas/rss/core/2005" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>les reflets de  clochelune: autour des contes</title><description /><link>http://clochelune.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogview&amp;_c=BlogPart&amp;partqs=catautour%2bdes%2bcontes</link><language>en-US</language><pubDate>Fri, 03 Aug 2007 15:33:51 GMT</pubDate><lastBuildDate>Fri, 03 Aug 2007 15:33:51 GMT</lastBuildDate><generator>Microsoft Spaces v1.1</generator><docs>http://www.rssboard.org/rss-specification</docs><ttl>60</ttl><cf:parentRSS>http://clochelune.spaces.live.com/blog/feed.rss</cf:parentRSS><live:type>blogcategory</live:type><live:identity><live:id>-658783209361290491</live:id><live:alias>clochelune</live:alias></live:identity><cf:listinfo><cf:group ns="http://schemas.microsoft.com/live/spaces/2006/rss" element="typelabel" label="Type" /><cf:group ns="http://schemas.microsoft.com/live/spaces/2006/rss" element="tag" label="Tag" /><cf:group element="category" label="Category" /><cf:sort element="pubDate" label="Date" data-type="date" default="true" /><cf:sort element="title" label="Title" data-type="string" /><cf:sort ns="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/" element="comments" label="Comments" data-type="number" /></cf:listinfo><item><title>Le conte, un exemple millénaire de métissage</title><link>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!560.entry</link><description>Emmanuel de Roux pour Le Monde des livres
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
Un Libanais et un Burkinabé mènent une caravane de la parole à travers l’Hexagone&lt;br&gt;&lt;br&gt;

Ils sont onze, hommes et femmes,
venus d’horizons divers : Algérie, Belgique,
Congo, Côte d’Ivoire, Pologne,
Québec, Sénégal, Suisse, Togo ou Niger.
Tous conteurs, ils font partie d’un« Caravansérail
des conteurs » qui entend fêter
« la parole francophone ». Cette caravane
emmenée par deux vétérans du conte,
Hassane Kassi Kouyaté (Burkina Faso)
et Jihad Darwiche (Liban) va sillonner
l’Hexagone en tous sens pendant quinze
semaines – avec un crochet vers la Suisse.
Cette production du Centre des arts
du récit en Isère, basé à Grenoble, veut
prouver que ce genre, vieux comme l’humanité,
n’a rien perdu de son dynamisme
et que le public est toujours sensible à
la magie des mots en liberté. « L’art du
récit, c’est aussi l’art de l’écoute, insiste
Hassane Kouyaté. Ce descendant d’une
longue lignée de griots burkinabés note
qu’aujourd’hui « la notion de partage est
à l’ordre du jour, mais que pour pouvoir
partager, il faut d’abord écouter, ce qui ne
se pratique guère. »&lt;br&gt;
Dans chaque ville, chaque conteur ira
donc à la rencontre d’un auditoire différent.
Devant lui, il déroulera le fil de son
histoire, chaque soir recommencée. « La
force du conte réside dans la fragilité de
l’instant, constate Jihad Darwiche. Un
bon conteur n’arrive jamais devant son
public avec, dans la tête, un conte prêt à sortir.
La parole qu’il émet vient de sa relation
avec les gens présents devant lui. Il doit trouver
le mot et l’image justes qui conviennent
à son auditoire. »&lt;br&gt;
Discipline millénaire
Mais puisque Shéhérazade est incontestablement
la patronne du conte, les
onze se retrouveront régulièrement, tous
les deux ou trois soirs, autour d’un
« grand récit cadre », sur le schéma des
Mille et Une Nuits : « Chacun des conteurs
devra s’insérer dans une trame, en improvisant
à partir de son propre répertoire et de
son patrimoine culturel, explique Henri
Touati, le directeur du Centre des arts du
récit en Isère. Ce que nous proposons est
un spectacle en perpétuelle évolution. »
« Le Caravansérail des conteurs reflète
bien l’image de cette discipline millénaire
: une parole traditionnelle mais aussi
contemporaine », ajoute Jihad Darwiche.
Au moment où triomphent l’uniformisation
mondialisée et le virtuel à tous les
étages, allons-nous assister, paradoxalement,
au retour d’un genre que les
meilleurs esprits estimaient en coma
dépassé ? Henri Gougaud, un des pionniers
de ce retour, vantait les « vertus
profondément révolutionnaires du conte.
C’est un exemple millénaire de métissage.
L’histoire sous la parole dit qu’on est
semblable ».&lt;br&gt;
« Les thèmes du conte sont universels,
reprend Hassane Kouyaté. L’amour,
l’amitié, la bêtise, la peur sont de tous les
temps, les choses les mieux partagées du
monde. Ce qui change, c’est la manière de
les faire passer, en fonction d’une époque,
d’une culture, d’une classe d’âge. » C’est
ce qu’exprime Christiane Falgayrettes,
la directrice du Musée Dapper, qui a fait
intervenir des conteurs, il y a près de
vingt ans, pour animer ses expositions,
deux ou trois après-midi par semaine.
« Le conteur, explique-t-elle, tout en restant
dans la sphère du profane, prolongeait
le message sacré transmis par l’objet.
Il lançait un mot, faisait réagir le public.
Ensuite nous avons continué l’expérience
sur une scène et le conte s’est davantage
structuré, avec le geste, les yeux, le rire, la
mimique.»&lt;br&gt;
Le Congolais Gabriel Kinsa a été un
des premiers intervenants au Musée Dapper.
Aujourd’hui, il tourne au gré des festivals
et des invitations, en France et à
l’étranger. Notamment grâce aux initiatives
de la Maison du conte de Chevilly-
Larue et du Centre de littérature orale de
Vendôme qui sont, avec le Centre des arts
du récit en Isère, les trois grandes structures
pérennes liées au renouveau du
conte. Avec quelques autres, elles sont
associées au sein de la Fédération du
monde oral. L’existence de tels organismes,
souvent financés par les collectivités
territoriales – mais aussi par le ministère
de la culture – permet aux conteurs
établis en France de travailler à travers
un réseau. Ce qui facilite la tâche de ces
intermittents du spectacle dont le métier
n’est pas toujours aisé.&lt;br&gt;
Gabriel Kinsa se présente comme un
« conteur francophone » : « Je suis à
l’aise avec tous les publics, de la maternelle
à la maison de retraite en passant par les
comités d’entreprise, affirme-t-il. En chacun
de nous, il y a une grand-mère et un
petit enfant. »&lt;br&gt;
L’espace francophone lui permet
d’élargir son public. « Travailler en France
m’a permis de revisiter ma culture, note
Gabriel Kinsa. Et j’ai, de ce fait, réussi à
créer un répertoire en élargissant la tradition
demon pays. Mais pour moi, le plus difficile
c’est de partir de ma langue maternelle,
dans laquelle j’élabore mes contes, puis
de traduire ensuite ces images en français
pour les transmettre à un public qui n’a pas
forcément ma culture. Je suis donc obligé de
trouver des évidences dans une autre langue.
Pourtant, le français me permet d’être à
l’aise dans un grand nombre de pays. Même
en Afrique, où je m’exprime en français
dans les pays où l’on ne parle pasmalangue
maternelle. Mais là, j’utilise plus souvent
des “africanismes”, que je vais pécher dans
la rue, et dont j’émaille mes contes. »&lt;br&gt;
Pour Jihad Darwichecommepour Hassane
Kouyaté « la francophonie est une
chance », puisqu’elle ouvre aux conteurs
un espace supplémentaire et de nouveaux
publics. Qu’elle permet au conte
d’exprimer toutes ses facettes, d’en faire
connaître la diversité, à l’aide d’accents et
d’images différentes. « Nos auteurs s’expriment
en français, indique Hassane Kouyaté,
mais en français avec un “s”. Chacun
reflète une culture, une tradition différente.
Et c’est aussi une grande chance pour la langue
française qui peut ainsi ouvrir son imaginaire
et desserrer son carcan cartésien. »
Une lycéenne, auditrice régulière des
après-midi du Musée Dapper, avouait
que lorsqu’elle était captivée par une histoire,
elle n’avait pas l’impression de l’entendre
en français : « On n’est plus dans
une langue, mais plongé dans un imaginaire.
» C’est sans doute là que réside la force
du conte.


&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-658783209361290491&amp;page=RSS%3a+Le+conte%2c+un+exemple+mill%c3%a9naire+de+m%c3%a9tissage&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=clochelune.spaces.live.com&amp;amp;GT1=clochelune"&gt;</description><comments>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!560.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!560.entry</guid><pubDate>Thu, 22 Mar 2007 16:09:20 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://clochelune.spaces.live.com/blog/cns!F6DB882956074B05!560/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!560.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-03-22T16:23:08Z</dcterms:modified></item><item><title>décès d'Yves Heurté, partage d'un de ses contes "La coccinelle "</title><link>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!514.entry</link><description>Mon ami la Coccyves (surnommé ainsi à partir de l'une de ses nouvelles sur la 
coccinelle de Mozart), est décédé hier matin (dimanche 19 février) suite à un 
grave accident vasculaire cérébral... Notre Yves était en train d'écrire une 
biographie romancée autour de Sabine Sicaud pour faire connaître ses poèmes 
suite à l'hommage inédit qu'il avait publié dans Francopolis, notre revue de 
poésie francophone (Yves faisait partie de notre équipe)...&lt;br&gt;Voici un lien 
pour lire son hommage à Sabine Sicaud 
&lt;br&gt;http://www.francopolis.net/francosemailles/sabinesicaud.htm&lt;br&gt;&lt;br&gt;J'avais 
lu le début qu'il m'avait fait parvenir pour avoir des critiques, et suis toute 
triste qu'il aie rejoint Sabine dans la mort, qu'il se soit trop approché de 
cette étoile... Trop triste qu'il ne mette plus en lumière de personnes peu 
connues, ni ne vienne avec son grain de sel... &lt;br&gt;&lt;br&gt;Je vous partage son conte&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;font size=5&gt;&lt;span style="font-weight:bold"&gt;La Coccinelle&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;br&gt;&lt;div&gt;&lt;br&gt;&lt;font face="times new roman, times, serif" size=3&gt;Sur la colline de 
Prague un jardin, et au bout du jardin, une maison assez cossue. Dans la maison 
une chambre: celle de Mozart. Et quoi dans la chambre? &lt;br&gt;Un orchestre de 
chambre, bien entendu.&lt;br&gt;Sur la colline, un jardin, et dans l'herbe du jardin 
une coccinelle, dite bête à Bon Dieu, qui vaque en paix à son safari de 
pucerons.&lt;br&gt;Sur la même colline, dans le même jardin donc, une coccinelle et 
une toute petite fille qui la regarde et la prend entre ses mains et joue avec 
elle et se met à pleurer comme un requiem quand son vieux poète lui dit que 
c'est l'heure d'aller dans la chambre de Mozart écouter un orchestre de chambre 
jouer Mozart.&lt;br&gt;Assise dans l'herbe de la colline, une toute petite fille qui 
se moque bien de Mozart, de ses trios, quatuors, messe en si ou en ré, et qui 
n'entrera &lt;br&gt;Dans la chambre écouter l'orchestre de chambre que si on lui 
laisse SA coccinelle.&lt;br&gt;Entrée donc, avec la bestiole au bout du doigt et son 
drôle de vieux zigoto de poète qui suit, résigné et honteux, et voilà qu'on les 
assied, horreur, au premier rang, juste sous le nez des musiciens. Dès que le 
violon attaque, la coccinelle s'envole, fait un tour de reconnaissance autour du 
quatuor et vient se poser sur le genou du vieux zigoto. La petite fille 
émerveillée lui fait remarquer cet atterrissage, avec interdiction bien sûr de 
toucher à sa bestiole. Enfin le violoncelle démarre l'andante con moto et ma 
foi, la coccinelle a l'air de se sentir si bien. Cette musique lui rappelle le 
temps lointain où un certain petit Amadeus, dans le même jardin, prenait son 
&lt;br&gt;arrière arrière arrière-grand-mère de bête à Bon Dieu sur son doigt et l'y 
berçait en jouant une sonate de son invention...&lt;br&gt;&lt;br&gt;La petite fille 
surveille l'irrésistible montée de sa bestiole, de plus en plus entreprenante, 
vers le veston puis sur l'épaule, puis traversée de la barbe puis rodéo sur le 
terrain vague du crâne. On touche pas à ma bête à bon Dieu! &lt;br&gt;Largo. Va 
s'envoler ou pas? S'envole pas. Allegro. En stationnement. &lt;br&gt;Andantino. Gratte 
à peine de la patte... La petite fille s'amuse comme une folle avec son poète 
qui fait celui qui ne sait pas que son amie est juchée sur sa vieille clairière, 
là haut.&lt;br&gt;Scherzo et final :&lt;br&gt;Dans un coin, discrètement appuyé sur sa 
statue, il y a le petit Amadeus Mozart que personne n'avait vu. Il n'écoute même 
plus son concert mais se pose de graves questions sur l'avenir de la 
coccinelle.&lt;br&gt;&lt;br&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style="font-weight:bold"&gt;&lt;font size=3&gt;Yves Heurté&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;table cellspacing="0" border="0"&gt;&lt;tr height="8"&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td valign="top"&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://blufiles.storage.live.com&amp;#47;y1pKcRdJyISY6eywJYoX82sumhW8tR1SHrBOIWk45Ls_uXVCUXt-tGaDdVkYgArWqXluDiy8COYMrQ"&gt;&lt;img src="http://storage.live.com&amp;#47;items&amp;#47;F6DB882956074B05&amp;#33;520&amp;#58;thumbnail" border="0"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;td width="15"&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-658783209361290491&amp;page=RSS%3a+d%c3%a9c%c3%a8s+d'Yves+Heurt%c3%a9%2c+partage+d'un+de+ses+contes+%22La+coccinelle+%22&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=clochelune.spaces.live.com&amp;amp;GT1=clochelune"&gt;</description><comments>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!514.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!514.entry</guid><pubDate>Mon, 20 Feb 2006 14:45:29 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://clochelune.spaces.live.com/blog/cns!F6DB882956074B05!514/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!514.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2006-02-21T21:49:39Z</dcterms:modified></item><item><title>Henri Gougaud - Le maître du jardin  (conte)</title><link>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!363.entry</link><description>&amp;quot;Gougaud se définit comme un &amp;quot;couseur d'histoires&amp;quot;, variant les fils et les aiguilles.&amp;quot;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
Le maître du jardin
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
Il était un roi d'Arménie. Dans son royal jardin poussait un rosier maigre et pourtant précieux entre tous. Le nom de ce rosier était Anahakan. Jamais, de mémoire de roi, il n'avait pu fleurir. Mais s'il était choyé plus qu'une femme aimée, c'était qu'on espérait une rose de lui, l'Unique dont parlait les grimoires ancestraux. Il était dit ceci : « Sur le rosier Anahakan viendra un jour la rose pure qui donnera au maître du jardin l'éternelle jeunesse ».&lt;br&gt;
Tous les matins le roi accourait près de lui. Il chaussait ses lorgnons, cherchait parmi ses feuilles un espoir de bourgeon, n'en trouvait pas le moindre, se redressait enfin et, la mine terrible, prenait au col son jardinier. Il le menaçait de prison si le printemps venait sans rose. C'est ainsi qu'une fois par an, aux premiers jours du mois de mai, ce roi changeait de jardinier.&lt;br&gt;
Douze printemps passèrent, et douze experts en rosiers rares. Le treizième était un jeune homme. Il s'appelait Samvel. Il dit au roi : « Seigneur, je veux tenter ma chance ». Le roi lui répondit : « Ceux qui t'ont précédé étaient de nobles maîtres. Ils ont tous échoué. Et toi, blanc-bec, tu oses ! - J'ose », lui dit Samvel. Et on lui ouvrit donc la porte du jardin. Il s'en fut au rosier. Un long moment il lui parla, puis il bêcha la terre autour de son pied maigre, l'arrosa, demeura près de lui nuit et jour, à le garder du vent, à caresser ses feuilles. Aux premières gelées, il l'habilla de paille. Sous la neige, il resta comme au chevet d'un fils, à chanter des berceuses. Le printemps vint. Samvel ne quitta plus l'ombre de son rosier, guettant ses moindres pousses, et respirant pour lui. Dans le jardin des fleurs partout s'épanouirent, mais il ne les vit pas. Il ne regardait que la branche sans rose. A la première aube de mai : « Rosier, dit-il où as-tu mal ? » A peine avait-il dit ces mots qu'il vit sortir de ses racines un ver noir, long, terreux. Il voulu le saisir. Un oiseau lui vint sur la main, déroba sa capture, et le ver au bec s'envola. Comme il s'éloignait dans l'air bleu, un bourgeon vint sur le rosier. Samvel se pencha, l'effleura. Lentement la rose s'ouvrit au premier soleil du matin. Il courut au palais en criant la nouvelle. Le roi était au lit. « Seigneur, lui dit Samvel, la rose s'est ouverte. Vous voilà immortel, O maître du jardin ! » Le roi bondit hors de ses draps. En chemise, pieds nus, bras au ciel, il sortit. « Que l'on poste, dit-il, mille soldats armés autour de ce rosier ! Je ne veux voir personne à dix lieues à la ronde ! Samvel, jusqu'à ta mort tu veilleras sur lui. - Seigneur je veillerai.» Le roi dans son palais régna dix ans encore, puis un soir il quitta ce monde en murmurant ces pauvres mots : « Le maître du jardin meurt comme tout le monde. Tout n'était que mensonge - Non, dit le jardinier à genoux près de lui. Le maître du jardin, ce ne fut jamais vous. La jeunesse éternelle est à celui qui veille, et j'ai veillé, Seigneur, et je veille toujours, de l'aube au crépuscule, du crépuscule au jour. » Il lui ferma les yeux, baisa son front pâli, sorti sous les étoiles. Il salua chacune. Il dit : « Bonsoir, bonsoir, bonsoir. » Samvel avait le temps désormais. Tout le temps. 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
Henri Gougaud
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
conte cueilli dans les chroniques de la revue &amp;quot;nouvlles clés&amp;quot;&lt;br&gt;
découvrez sur &lt;a href="http://www.lire.fr/portrait.asp/idC=34625/idTC=5/idR=201/idG=3"&gt; Lire &lt;/a&gt;  un portrait du conteur&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-658783209361290491&amp;page=RSS%3a+Henri+Gougaud+-+Le+ma%c3%aetre+du+jardin++(conte)&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=clochelune.spaces.live.com&amp;amp;GT1=clochelune"&gt;</description><comments>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!363.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!363.entry</guid><pubDate>Mon, 04 Apr 2005 11:28:29 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://clochelune.spaces.live.com/blog/cns!F6DB882956074B05!363/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!363.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2005-04-04T11:34:49Z</dcterms:modified></item><item><title>réveiller les statues</title><link>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!337.entry</link><description>petit délire (suite au jardin atelier d'écriture du blog de marie l'obsédée textuelle et sa question &amp;quot;comment l'as-tu rencontré?)&lt;br&gt;
d'après la statue &amp;quot;Orphée&amp;quot; dans le jardin du musée Rodin&lt;br&gt;

&lt;br&gt;&lt;br&gt;
&amp;quot; Il est déjà dangereux de s'essuyer aux meubles. N'est-il pas fou de réveiller les statues en sursaut après leur sommeil séculaire ? &amp;quot; Jean Cocteau (citation donnée par Marylène)
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
un soir d'été, dans le jardin du musée rodin, je flâne les narines ouvertes, j'interpelle les statues, essaye de comprendre leurs pensées murées et mon oreille aux aguets entend un bruit de feuille. là sous le pied d'une statue, un livre abandonné, un vieil exemplaire d'antonin artaud et sa &amp;quot;tentative antigrammaticale contre lewis carroll&amp;quot; paru chez l'arbalète, épuisé.&lt;br&gt;
je prends ce livre un peu froissé, un peu humide et quitte le colloque ds statues pour écouter la voix d'antonin artaud.&lt;br&gt;
en première page, une adresse laissée et un prénom, orphée...&lt;br&gt;
tout en lisant les rêves de ces traces manuscrites,  ce prénom se promène dans mes pensées, se promène en travers ma lecture...&lt;br&gt;
orphée me trouble, la voix d'orphée devient plus forte que la voix d'artaud, un ouragan de voix dans ma tête qui n'en peut plus...&lt;br&gt;
de retour chez moi, je prends une feuille et ma plus belle plume pour écrire à cette voix inconnue et si pleine de mythes,  venant troubler mon dialogue avec antonin artaud.&lt;br&gt;
je lui dit ma trouvaille auprès de la statue, lui dit sa voix et son prénom  au trot dans ma tête, poste ma missive et attend, attend un rêve&lt;br&gt;
de retour au jardin du musée rodin, au pied de la même statue, une enveloppe porte mon prénom...&lt;br&gt;
et manquait plus que ça ! c'est la statue d'orphée qui entendait mes pensées, orphéee sculpté qui me lisait, les rêves d'orphée moulé qui me répondaient. quand tous dorment, orphée prend vie. il a reçu un sort un jour où rodin, furieux, coula ce jeune mythe dans la pierre...&lt;br&gt;
 j'ai embrassé orphée, un tourbillon prit corps dans l'espace, et je me retrouvais à l'adresse écrite sur le livre, avec un vieillard qui est devenu mon grand-père d'adoption !&lt;br&gt; depuis, mon chat s'appelle eurydice.&lt;br&gt;
comment alors méditer auprès des statues ?
   &lt;br&gt;&lt;br&gt;
liette la clochelune&lt;br&gt;
découvrir &lt;a href="http://www.musee-rodin.fr/accueil.htm"&gt; le site &lt;/a&gt;  du musée Rodin &lt;br&gt;
 Orphée : photo de J. Manoukian (dans le jardin du musée Rodin)&lt;div&gt;&lt;table cellspacing="0" border="0"&gt;&lt;tr height="8"&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td valign="top"&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://blufiles.storage.live.com&amp;#47;y1pKcRdJyISY6fZN1j47R7GP5GvnqyynPskZGwbZyQWOALHVu8PFBr5TNT1siuhsIYW-jXsChMTKxQ"&gt;&lt;img src="http://storage.live.com&amp;#47;items&amp;#47;F6DB882956074B05&amp;#33;338&amp;#58;thumbnail" border="0"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;td width="15"&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-658783209361290491&amp;page=RSS%3a+r%c3%a9veiller+les+statues&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=clochelune.spaces.live.com&amp;amp;GT1=clochelune"&gt;</description><comments>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!337.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!337.entry</guid><pubDate>Tue, 29 Mar 2005 13:41:59 GMT</pubDate><slash:comments>3</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://clochelune.spaces.live.com/blog/cns!F6DB882956074B05!337/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!337.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2005-03-31T19:32:54Z</dcterms:modified></item><item><title>Le coeur sans bruit</title><link>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!315.entry</link><description>&lt;br&gt;&lt;br&gt;
- Pourquoi le temps se renverse-t-il ?&lt;br&gt;
Jonathan, un petit bonhomme le corps à l'envers, suspendu à une balançoire, laissait tomber cette question à l'oreille du sol. Joanie était cette écoute, luisait de toutes les dents de ses sept ans dans cette danse quand Jonathan jouait avec le temps, le coeur agrippé à son tee shirt.&lt;br&gt;
- C'est la balançoire. Elle est magique. Quand elle s'envole, le temps tourne à la renverse.&lt;br&gt;
Le coeur au bout du tee shirt avait un secret, il était sans bruit, démonté. Jonathan s'envolait toujours plus bas pour remonter les aiguilles de la vie.&lt;br&gt;
Mécanique arrêtée, perdue dans une fissure à l'endroit où gèle la pluie.&lt;br&gt;
- Dis, Joanie, plusieurs saisons se mêlent au mouvement de la balançoire. A l'an vert, une averse, et à l'an droit, un pan de soleil dans le bois oscillant.&lt;br&gt;
Jonathan confondait souvent l'horizontal et le vertical. Il avait la langue à gauche.&lt;br&gt;
- Ecoute l'ombre du bois grignoter le temps, graviter aux corps vieillis de deux enfant aux gestes gelés.&lt;br&gt;
La balançoire valsait avec Jonathan penché, valsait à remonter les bretelles des ombres lâches.&lt;br&gt;
- Joanie, je t'envoie mon tee shirt, garde le au chaud dans ton parterre d¹étoiles. Toi, tu sais faire chanter le maintenant.&lt;br&gt;
La petite fille comprenait ce tee shirt au coeur endormi. Jonathan, elle le savait, devait faire sourire les ombres d'enfants arrêtés.&lt;br&gt;
- Jonathan, tisse bien les bouts de temps. Le jaune attend le réveil de la fissure.
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
liette la clochelune&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-658783209361290491&amp;page=RSS%3a+Le+coeur+sans+bruit&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=clochelune.spaces.live.com&amp;amp;GT1=clochelune"&gt;</description><comments>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!315.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!315.entry</guid><pubDate>Thu, 17 Mar 2005 16:17:23 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://clochelune.spaces.live.com/blog/cns!F6DB882956074B05!315/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!315.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2005-03-17T16:17:23Z</dcterms:modified></item><item><title>Les chemins de traverse</title><link>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!145.entry</link><description>&amp;quot;Penser c'est suivre des lignes de sorcière.&amp;quot; Gilles Deleuze
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
Le chemin m'avance. &lt;br&gt;
On y laisse nos ombres de pas, des traces de doigts, une flaque de pensée jouant à la couleur, à 
la vie. On devient ce sentier tordu où des rencontres grandissent dans la simplicité  d'un champ de 
coquelicots.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
&amp;quot; J'ai descendu dans mon jardin &amp;quot; ... &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
- Donne-moi la main, viens voir parmi les fleurs. &lt;br&gt;
Tiens, la voix d'Alice me prend la main, elle me guide...&lt;br&gt;
- Regarde, tu vois ce monticule de terre ? &lt;br&gt;
- Oui, oui Alice. Pourquoi le soleil semble pleurer ? &lt;br&gt;
- C'est qu'en dessous, si tu ouvres loin ton regard, tu verras la pensée d'Antigone, tu entendras son 
amour. &lt;br&gt;
- Antigone ? Attends, Alice, j'ai encore la mémoire lourde de gravité. Est-ce dans cet endroit qu'elle a 
recouvert le corps de son frère ? &lt;br&gt;
- Oui. Parce que le soleil brûlait cette mort. Oui. Parce que la loi d'un père éclatait, cruelle, 
inhumaine. &lt;br&gt;
J'essayais de lire au travers les mots d'Alice. Car avec Alice, je réapprenais le langage, je lavais cette 
mémoire encombrée du regard arrêté. Je lui ai demandé :&lt;br&gt;
- Antigone n'a-t-elle pas enfreint une loi, n'était-elle pas révoltée ?&lt;br&gt;
- Mais non,  tendre une main de pitié est-ce enfreindre une loi ?&lt;br&gt;
Je devinais peu à peu, surtout avec la main d'Alice accompagnant mes pas.&lt;br&gt;
- Oui, Alice, c'est l'amour seulement qu'on entend respirer.&lt;br&gt; 
Un oiseau a fleuri. Antigone était libre maintenant de la loi de Créon. Un message virevoltait sur une 
feuille de verre.&lt;br&gt;
Alice le prit et me le tendit...&lt;br&gt;
- Oh, un dessin d'enfant. Un chapeau ! Non, je me trompe encore ... &lt;br&gt;
- Regarde, n'oublie pas de &amp;quot; lire au travers &amp;quot;. Ecoute le souffle, sens les couleurs. &lt;br&gt;
- Mais, oui. C'est le boa qui a mangé un éléphant. &lt;br&gt;
- Est-ce que tu comprends ? C'est &amp;quot; l'écrit qui fond devant le non-écrit &amp;quot;. C'est ça, lire au travers. &lt;br&gt;
 L'espace du jardin s'ouvrait, le morceau de glace logé dans mon oeil était tombé dans la boue.
Alice se mit à rétrécir pour se poser entière sur ma main. Petite ombre de lumière donnant vie à ma 
terre.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
&amp;quot; Gentil coquelicot mesdames, gentil coquelicot nouveau &amp;quot;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
- Oh, Alice, une ombre court sur les pétales !&lt;br&gt;
- Oui, c'est celle de Peter Pan. Tu vois comme elle est éclairée .&lt;br&gt;
- Il y a du Clochette dans l'air ! &lt;br&gt;
- Elle chantait dans le coquelicot ... &lt;br&gt;
La forme de l'ombre s'approchait de ma main, son pas sentait le maintenant. Elle aimait la goutte Alice scintillant  à la source de ma paume. Peter Pan et Clochette appelaient l'ombre. Ils étaient 
jaloux qu'une ombre veuille partir ainsi. Comment Peter Pan prendrait-il du poids ?  Il pourrait voler 
encore plus en hauteur, encore plus en oubli. Mais tout de même cette ombre était son aile terrienne.&lt;br&gt; 
Comment rejoindre Wendy, sans elle ?&lt;br&gt;
Peter Pan vint nous voir, se dressant sur la pointe des pieds et &lt;br&gt;
demanda :&lt;br&gt;
- Rendez-moi mon ombre, s'il vous plait j'en ai vraiment besoin. Toujours elle me joue des tours, 
elle se croit dans un manège, et va à la rencontre de voix lumineuses. Elle aime faire la fête, elle se 
défile, et j'en perds mes chaussures, mes pas restent gravés dans les chemins. &lt;br&gt;
Alice avait caressé le poids de cette ombre, elle en tissa son corps. &lt;br&gt;
- Je te la rends, car on sera toujours lié au maintenant. L'ombre et la lumière se sont enlacées,  ça vibre en secret. &lt;br&gt;
Peter Pan reparti heureux, avec son ombre recousue et Clochette à son cou.&lt;br&gt;
Je comprenais. Une voix vint me chercher très profond au bord du chemin, sous les pas de Peter 
Pan. La route était recouverte de lettres et de graines, de feuilles et d'écorce. Je lisais son parchemin et entendais la chair des mots.&lt;br&gt;
 Je dis à Alice :&lt;br&gt;
- J'ai rencontré l'espace du milieu, le coeur du regard. Un livre vivant avance. &lt;br&gt;
Oui, une marée de mots roulait sous mes doigts, sur mes cils. Cette voix que je ressentais enchantait 
le jardin.  Le même visage, toujours,  s'ouvrait, souriait et faisait s'envoler les parois du livre, des 
pages. C'était le visage de la vie.&lt;br&gt;
 Le chemin initiatique, je le comprenais, était ma rencontre au visage, à la voix, au souffle des mots libres.&lt;br&gt;
Je laissais mon oreille errer vers les mots de ma petite fée clairvoyante.&lt;br&gt;
- Oh ! Le visage du chat et son sourire en résonance d'espace.&lt;br&gt; 
Seule la dent d'un sourire tournoyait dans ma main. Alice repartait en me laissant ce souvenir. Ainsi, je pourrais toujours traverser les visages des mots, ouvrir leur noyau et faire pousser des grains d'espace, toucher le lien.&lt;br&gt;
 Dans la dent de clarté, cette phrase d'Artaud parcourant le temps :&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
&amp;quot; lire l'oeuvre d'un poète, c'est avant tout lire au &lt;br&gt;
travers car toute l’oeuvre écrite est une glace où l'écrit &lt;br&gt;
fond devant le non-écrit &amp;quot;&lt;br&gt; 
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
liette la clochelune&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;br&gt;
alice photographiée par lewis carroll&lt;div&gt;&lt;table cellspacing="0" border="0"&gt;&lt;tr height="8"&gt;&lt;td&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td valign="top"&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://blufiles.storage.live.com&amp;#47;y1pKcRdJyISY6cl7SmK0nS-8dDqf987ZbOyfp6E5K2njYpgt0ZinzvA1LjYODfXRSz5j5pnIWJLJA8"&gt;&lt;img src="http://storage.live.com&amp;#47;items&amp;#47;F6DB882956074B05&amp;#33;146&amp;#58;thumbnail" border="0"&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;td width="15"&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-658783209361290491&amp;page=RSS%3a+Les+chemins+de+traverse&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=clochelune.spaces.live.com&amp;amp;GT1=clochelune"&gt;</description><comments>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!145.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!145.entry</guid><pubDate>Tue, 08 Feb 2005 15:48:02 GMT</pubDate><slash:comments>2</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://clochelune.spaces.live.com/blog/cns!F6DB882956074B05!145/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://clochelune.spaces.live.com/Blog/cns!F6DB882956074B05!145.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2005-02-10T10:26:25Z</dcterms:modified></item></channel></rss>